Violence conjugale : la sensibilisation est cruciale

Claudine Thibaudeau, responsable du soutien clinique et de la formation de l'organisme et membre de la FSAC-CSQ

Aimer au répressif, Caresser au dominatif, Voir à l’incompréhensif et Rester au définitif : voilà des thèmes forts qui ne laissent personne indifférent. Habilement mis en scène sous forme de capsules publicitaires, ils sont au cœur de la campagne de sensibilisation de SOS violence conjugale. Pour en discuter, Nouvelles CSQ a rencontré Claudine Thibaudeau, responsable du soutien clinique et de la formation de l’organisme et membre de la Fédération des syndicats de l’action collective (FSAC-CSQ).

Pourquoi avoir lancé une telle campagne publicitaire?

Cela fait plusieurs années que le gouvernement n’a pas lancé de campagne de sensibilisation à la violence conjugale. Nous avons donc décidé de nous lancer. Il y a énormément de victimes, de proches, de collègues ou d’employeurs qui pourraient faire appel à nos services. Notre organisme reçoit annuellement environ 25 000 appels, et la police, près de 20 000 plaintes de violence conjugale. Malheureusement, selon Statistique Canada, ces chiffres représentent seulement un peu plus de 20 % de la réalité…

Est-il fréquent que des collègues ou des employeurs communiquent avec vous?

C’est assez fréquent. Les collègues sont souvent aux premières loges pour remarquer des changements de comportement. Lorsqu’ils communiquent avec nous, l’intervenante, au bout du fil, les guide et les conseille pour qu’ils puissent soutenir leur collègue.

La comédienne Ingrid Falaise a collaboré à votre projet…

En effet. À la suite de la parution de son livre, Le Monstre, elle nous a proposé d’être notre porte-parole. Puis, grâce à nos précieux collaborateurs de l’agence de publicité Brad, au soutien de nos partenaires et à la mobilisation de toute l’équipe de SOS violence conjugale, nous avons réalisé cette campagne percutante à très peu de frais.

Depuis le lancement des capsules, en décembre dernier, avez-vous reçu plus d’appels?

Nous n’avons pas encore fait de comparaison statistique. Toutefois, plusieurs personnes mentionnent qu’elles ont vu les capsules lorsqu’elles communiquent avec nous. De plus, il semble y avoir eu une augmentation significative des appels. Habituellement, nous recevons environ 70 à 75 appels par jour, sur les trois quarts de travail. Or certains jours, nous avons reçu plus de 80 appels seulement dans le quart de jour.

La campagne a été diffusée quasi exclusivement sur le Web. Nous sommes donc dépendants du partage des gens. Jusqu’à ce jour, elle a été visionnée à plus de 100 000 reprises. J’invite les lectrices et lecteurs de Nouvelles CSQ à partager les capsules disponibles sur notre page Facebook (facebook.com/sosviolenceconjugale).

Justement, parlons des médias sociaux. Croyez-vous que vous réussissez à joindre des personnes qui ne prendraient pas le téléphone pour vous appeler?

Bien que notre ligne téléphonique soit anonyme, le sentiment d’anonymat est plus grand sur Internet. Au fil des ans, nous constatons une augmentation de la demande. Aujourd’hui, nous répondons à environ 2 000 courriels ou messages Facebook par année. Souvent, les gens utilisent des adresses spécifiquement pour cela, et c’est très bien.

Qu’est-ce qui fait le succès de votre organisme?

La très grande implication des membres de notre équipe est à la base de notre succès. Nous sommes très privilégiés. Depuis 25 ans, nous offrons un service 24 heures sur 24, 7 jours sur 7. Mes collègues ne peuvent pas quitter leur poste si personne ne peut les remplacer, car notre service ne peut être interrompu. Nous sommes là, au bout du fil, toujours prêts à offrir des services aux victimes, à la population et à toutes les personnes touchées.

Pour obtenir de l’aide ou des conseils sur la violence conjugale, en toute confidentialité, composez le 1 800 363-9010.


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