Formation sous pression

Trop souvent à l’ombre des projecteurs, la formation continue constitue pourtant un volet essentiel de la mission des cégeps. Son succès dépend de la contribution des conseillères et conseillers pédagogiques, des gens passionnés qui font toute la différence dans la formation de la main-d’œuvre.

Katia Mayrand1 est l’une de ces personnes. Conseillère pédagogique à la formation non créditée depuis quatre ans, elle analyse les besoins de l’industrie et s’efforce de les combler en élaborant des programmes de formation adaptés.

« Le démarchage auprès des entreprises est l’aspect le plus exigeant de ce travail. Il faut faire une promotion soutenue pour mettre en valeur nos formations et “vendre” nos services. Dans la région de Drummondville, il y a des pénuries de main-d’œuvre dans de nombreux secteurs, et le rythme de travail accéléré ne permet pas toujours de dégager du temps pour la formation. C’est une contrainte avec laquelle il faut composer. Heureusement, la nécessité de former le personnel fait son chemin dans un nombre croissant d’entreprises », note l’ingénieure de formation.

À la formation continue, le personnel doit atteindre des objectifs de financement. La pression est d’autant plus grande depuis les mesures d’austérité2.

« Les montants alloués par le ministère au financement de la clientèle étudiante à l’enseignement régulier sont insuffisants; alors, les cégeps demandent à leur service de formation continue de pallier ce sous-financement. Quand le ministère ajoute des enveloppes, c’est pour des projets ciblés. Cette façon de faire n’offre pas aux collèges la flexibilité nécessaire », observe-t-elle.

Les compressions budgétaires ont aussi affecté son service puisque le cégep a été obligé de supprimer plus de deux postes de conseiller pédagogique. Cela accroit la charge de travail et, bien sûr, la pression pour atteindre les objectifs de financement.

« Faire la promotion de l’offre de service, analyser les besoins, élaborer la formation, procéder au recrutement des formateurs, évaluer les programmes, voilà autant de composantes d’une tâche qui devient de plus en plus lourde dans l’ensemble du réseau et qu’il faudrait impérativement rééquilibrer pour permettre aux cégeps d’atteindre leurs objectifs financiers sans provoquer l’épuisement de leur personnel », conclut Suzanne Tousignant3.


1 Katia Mayrand est membre de la Fédération du personnel professionnel des collèges (FPPC-CSQ).
2 En 2016, selon la Fédération des cégeps, un collège public sur deux était déficitaire, et ce, malgré les efforts de réduction des services auxquels tous étaient contraints. http://bloguepdg.fedecegeps.qc.ca/un-cegep-sur-deux-dans-le-rouge/
3 Suzanne Tousignant est présidente de la FPPC-CSQ.


Vous aimerez aussi