Baisses d’impôt et de taxe scolaire: de faux cadeaux ?

Plus d’un milliard de dollars par année en nouvelles baisses d’impôt et 670 millions en réduction de la taxe scolaire, plutôt alléchant, n’est-ce pas?

Mais en y regardant de plus près, on réalise qu’il s’agit d’un cadeau empoisonné. Ces baisses d’impôt et de taxes nous entraineront, tôt ou tard, dans une nouvelle période d’austérité.

Depuis l’arrivée du gouvernement Couillard, des réductions d’impôt ont été annoncées à chacun des budgets, à l’exception du premier, en juin 2014. Même si l’on tient compte des hausses de tarifs, notamment pour les services de garde, tout cela totalise près de 3 milliards de dollars de moins pour financer les services publics. Une recette parfaite pour de nouvelles compressions.

Un poison insidieux

La dernière période d’austérité que nous venons de vivre s’explique par les 6 milliards de dollars de baisses d’impôt et de modifications fiscales décrétées par les gouvernements Bouchard et Charest depuis la fin des années 1990.

Si ces baisses d’impôt ont fragilisé les finances du Québec, cette réalité a été camouflée par la vigueur de l’économie, entre 2000 et 2008. Or, la crise économique de 2008 a tout changé. Le Québec est tombé en déficit, et l’austérité libérale s’est installée en 2010, avec une vigueur inégalée au début du mandat du gouvernement Couillard.

Une stratégie bien huilée

Avec près de 3 milliards de baisses d’impôt et de taxes depuis le retour à l’équilibre budgétaire, en 2015-2016, nous amorçons un nouveau cycle de désengagement de l’État. En pleine période de croissance, le gouvernement doit déjà puiser dans ses surplus pour équilibrer son budget.

Cela est sans compter la hausse des versements au Fonds des générations qui privera l’État, en 2020-2021, de 3,5 milliards de ressources additionnelles pour financer ses missions.

Les baisses d’impôt décrétées depuis trois ans par le gouvernement Couillard constituent, sans conteste, les germes de la prochaine ronde de compressions.


1 Source : INSTITUT DE RECHERCHE ET D’INFORMATIONS SOCIO-ÉCONOMIQUES (2016). Fractures, vol. 02, no 01 (septembre-octobre), p. 4.


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