Parlons d’argent

Ni le féminin ni le pluriel ne lui conviennent.

Si le féminin était courant jusque vers les années 50, à présent, de la grosse argent, de la belle argent, l’argent américaine relèvent de la langue familière. On dira : de grosses sommes, beaucoup d’argent, la devise américaine. Les argents est aussi un archaïsme auquel on préfèrera les fonds, les sommes, les montants ou, tout simplement, l’argent.

Les salaires ont déjà été versés en sel, du latin sal, d’où l’origine du mot, soit salarium. Vu l’importance du sel pour la conservation des aliments, les soldats romains recevaient un salarium, soit une ration de sel en échange de leur travail. Ce mot a ensuite désigné la solde versée pour acheter le sel et les vivres, puis, toute forme de salaire.

Payer aussi vient du latin, du verbe pacare, qui signifie « apaiser, faire la paix ». À ce sens s’est ajouté, dans la langue populaire, « faire la paix en versant de l’argent », par exemple pour indemniser quelqu’un à qui l’on avait causé des torts. Puis, payer est devenu « verser de l’argent » tout court. Que l’on paye en espèces ou en liquide, il s’agit toujours d’argent. Dans la langue familière, il possède d’autres synonymes dont, dérivés de l’agriculture, foin, blé, oseille, bacon et même jonc, trèfle ou radis. À mots couverts ou ouvertement, on en parlera encore longtemps!


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