Victimes de l’hypersexualisation

Des enfants de 10 à 12 ans traités de « salopes » ou de « fifs ». Des fillettes se faisant demander une « pipe » par des garçons. Des jeunes diffusant des photos d’eux dénudés sur les réseaux sociaux. C’est la triste réalité.

La sexualisation précoce n’est pas un phénomène marginal. Elle touche des enfants exposés à des images explicites représentant la sexualité adulte, avant même qu’ils ne soient en mesure de composer avec la sexualité sur les plans tant psychologique, émotif que physique, observe Francine Duquet1.

Pensons aux publicités, aux téléréalités, aux vidéoclips et aux jeux vidéo comportant des scènes ou des images suggestives. Cette surenchère de messages à caractère sexuel peut avoir diverses répercussions, dont l’insatisfaction corporelle, les stéréotypes de genre, la pression d’avoir un « chum » ou une « blonde », etc.

Le personnel enseignant et les parents doivent aider les enfants à décoder le sens de ces messages. « On oublie que l’on agit parfois avec les enfants comme s’ils étaient déjà des adolescents et avec ces derniers comme s’ils étaient des adultes », poursuit-elle.

En plus d’aborder la sexualité de manière franche, positive et nuancée, l’éducation à la sexualité doit permettre aux enfants de développer leur jugement et leur capacité de discernement et d’affirmation.

Des outils pour l’école

C’est dans cette optique que la professeure a conçu un programme de prévention de la sexualisation précoce destiné aux intervenantes et intervenants des milieux scolaires, communautaires et de la santé et des services sociaux, qui travaillent auprès d’élèves de 5e et 6e année.

Le programme On est encore des enfants! a été validé auprès d’enseignantes et enseignants et d’intervenantes et intervenants avant d’être expérimenté en classe. « Des groupes de discussion ont permis de constater que plusieurs intervenants se sentaient peu outillés pour parler de sexualité avec les enfants », note Francine Duquet.

Le programme aborde six thématiques et propose différentes activités pédagogiques à réaliser en classe ou à la maison :

  • Être enfant ou être ado?
  • Relations amicales et popularité
  • Médias, stéréotypes et images reliés à la sexualité
  • Désir de plaire et éveil amoureux
  • Vocabulaire sexuel et intimidation
  • Réseaux sociaux, Internet et sexualité

 

Pour en savoir plus, visitez hypersexualisation.uqam.ca.


1 Francine Duquet est sexologue et professeure au Département de sexologie de l’Université du Québec à Montréal (UQAM).


Vous aimerez aussi