Vos données de santé bientôt sur le Web

Le virage numérique en santé s’accélère dans le monde. Le Québec n’y échappe pas.

La Régie de l’assurance maladie du Québec (RAMQ) a lancé, en décembre dernier, une nouvelle application en ligne, le Carnet santé Québec. Bien qu’intéressant de prime abord, le nouvel outil soulève des questions.

Le Carnet santé Québec nous permettra, sur une base volontaire, d’avoir accès à notre liste de médicaments et à nos résultats d’analyses et d’examens, pourvu qu’ils soient déjà enregistrés dans le Dossier Santé Québec. Diverses sections, dont les notes du médecin ainsi que l’intégration du guichet d’accès à un médecin de famille et du service Rendez-vous santé Québec, complèteront l’outil.

Sauf interdiction des tribunaux, les parents pourront activer le carnet santé de leur enfant de moins de 14 ans et y accéder. Pour les personnes inaptes, les mécanismes de procuration ou de tutelle devront être respectés.

Un projet-pilote sera réalisé dans les régions de Québec et de Laval à compter de janvier 2018. Quant au lancement officiel, il est prévu dès avril 2018. Des plateformes particulières, par exemple les dons d’organes, pourraient compléter le projet qui se déploiera jusqu’en 2021.

Un risque reconnu

Malgré les mesures hautement sécurisées, les responsables de la RAMQ, rencontrés le 4 décembre dernier par la CSQ et la Fédération de la Santé du Québec (FSQ-CSQ), ont admis que les systèmes pourraient être piratés, l’important étant de pouvoir réagir rapidement. Voilà qui fait réfléchir…

Combien coutez-vous?

Outre un meilleur accès aux données de santé et une meilleure planification des rencontres médicales, le Carnet santé Québec favoriserait une approche d’autosoins où le « patient-partenaire » pourrait jouer un rôle plus actif. Le gouvernement envisagerait même d’indiquer les couts par épisode de soins. Mais pourquoi? Conscientiser les gens? Implanter graduellement le financement à l’activité?

« On ne va pas à l’urgence ou chez le médecin par plaisir. Avec une telle pratique, les risques de culpabilisation, voire de discrimination sont bien réels », soutient Sonia Éthier1.

La vigilance s’impose

Diverses questions ont été adressées à la RAMQ, notamment sur l’évaluation des procédures d’accès visant à contrôler les risques et sur l’obligation de déclarer les incidents de sécurité à la Commission d’accès à l’information.

Invitées à collaborer aux travaux de la RAMQ, la CSQ et la FSQ-CSQ devront se pencher sur la question. Une chose est certaine, les politiques de gestion du gouvernement doivent être surveillées attentivement.


1 Sonia Éthier est première vice-présidente de la CSQ.


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