J’ai une mauvaise et une… autre mauvaise nouvelle

Il y a de ces journées qui ne finissent plus de décevoir… Deux mauvaises nouvelles nous sont tombées dessus. Grosse semaine comme on dit! Commençons par la moins mauvaise des deux nouvelles.

Le mystère des surplus disparus

En premier lieu, les surplus budgétaires de trois milliards de dollars qui étaient apparus vendredi dernier seraient… disparus! Comment peut-on perdre trois milliards de dollars? « Quand on veut, on peut », semble nous dire le gouvernement Legault!

Le nouveau ministre des Finances, Éric Girard, a annoncé que le gouvernement de la CAQ commence son mandat avec des surplus budgétaires de trois milliards, une marge de manœuvre qui a tôt fait de susciter des espoirs dans les réseaux de l’éducation, de la santé et des services sociaux et de la petite enfance qui ont été malmenés par les coupes libérales!

Or, que fait notre premier ministre? Il s’empresse de tuer dans l’œuf toute velléité de réinvestissement dans nos services publics. Il faudrait « revoir les méthodes comptables du gouvernement », selon François Legault. Une variation sur le thème du « trou dans les finances publiques » que les nouveaux gouvernements nous servent dès leur élection.

Pourtant, ça ne devait pas arriver. Avant la campagne électorale, le 21 août dernier, la vérificatrice générale du Québec donnait la note de passage aux prévisions budgétaires préélectorales, qualifiant le solde budgétaire et le surplus comptable de « plausibles ». Le ministre des Transports, François Bonnardel, s’était même réjoui du fait que tous partaient avec la même lecture des finances publiques.

Serait-ce que les surplus budgétaires ne cadrent pas avec la vision de réduction de l’État du gouvernement Legault? Ou peut-être s’agit-il d’un manque de confiance envers les employées et employés du ministère des Finances? Je m’explique difficilement cette volte-face.

Parlant de milliards disparus…

D’autres milliards que l’on a complètement perdus reviennent hanter l’actualité : ceux que nous avons donnés à Bombardier. Déjà que de donner autant d’argent à une compagnie qui multiplie les déceptions n’était pas l’idée du siècle, nous n’étions pas au bout de nos peines.

Notre rapport collectif à cette compagnie que certains qualifient de « fleuron » ressemble à une relation de couple malsaine. On reste et on espère qu’elle va changer, mais à chaque occasion, le naturel revient au galop. Rappelons que nous avons donné des milliards en argent public à Bombardier ces dernières années. Qu’obtenons-nous en retour? Des pertes d’emplois de l’ordre de 5 000, dont 2 500 au Québec.

Ah oui, j’oubliais de vous dire que ces futures mises à pied ont été annoncées en douce à l’occasion de la présentation des résultats financiers du dernier trimestre, il y était précisé que ces emplois disparaîtront dans les 18 prochains mois! Les employées et employés de la multinationale n’ont eu aucun détail. Imaginez le stress.

Pour la direction de Bombardier, ces emplois perdus ne sont qu’une des lignes de leur plan d’optimisation des ressources et de redressement. Pour les 5 000 familles qui devront vivre avec les conséquences d’une perte d’emploi, c’est quelque chose de pas mal plus tragique.

Il est déplorable de voir un « fleuron québécois » agir de façon aussi inhumaine. Surtout lorsque ce même « fleuron » a littéralement reçu des milliards de dollars en argent public qui auront servi, au final, à verser des bonus à ses cadres…


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