Formation technique : l’effet persistant des compressions

Le nouveau rapport de la vérificatrice générale du Québec souligne de manière indirecte les effets, à la fois pernicieux et continus, du sous-financement de la formation technique au collégial.

Gestion de l’offre, information aux usagers, processus d’autorisation, de développement, de révision et d’évaluation des programmes, c’est toute l’infrastructure soutenant la formation technique au Québec qui a été soumise au regard critique de la vérificatrice. Le résultat du rapport, déposé en novembre 2018 à l’Assemblée nationale, n’a pas été tendre à l’égard du MEES1 et des quatre établissements visés par l’enquête.

Des témoignages révélateurs

Le rapport révèle notamment comment le MEES justifie certaines de ses déficiences quant à la révision des programmes : « Les longs délais observés […] s’expliquent parfois par des ressources financières limitées, qui ont obligé le ministère à en décaler ou à en reporter l’implantation2 ». Tiens, tiens.

Le Collège de Maisonneuve, répondant aux critiques sur l’absence de pratiques de documentation systématique de l’évolution des programmes, expose les conséquences d’un financement instable : « Les variations importantes du financement consenti aux collèges au fil des années ont relégué à un rôle accessoire cette fonction […] au profit de la mission principale des établissements, laquelle est concernée davantage par des enjeux plus immédiats2. »

De son côté, le Cégep de Matane lance un véritable appel à l’aide au MEES : « Nous souhaitons interpeler le ministère pour qu’il fournisse aux collèges, en particulier aux petits collèges comme le nôtre, les outils et ressources nécessaires pour que nous puissions mener adéquatement la mission et les responsabilités telles qu’elles lui sont dévolues par la Loi sur les collèges d’enseignement général et professionnel2. »

Réinvestir maintenant

L’arrivée récente du gouvernement de François Legault au pouvoir et ses attentes en matière d’adéquation formation-emploi dans le contexte actuel de pénurie de main-d’œuvre qualifiée auront pour effet de braquer les projecteurs sur le secteur au cours des prochains mois. Avant d’exiger des miracles des acteurs du milieu de la formation technique collégiale, le gouvernement gagnerait à leur donner les moyens de ses ambitions.


1 Ministère de l’Éducation et de l’Enseignement supérieur.
2 VÉRIFICATEUR GÉNÉRAL DU QUÉBEC (2018). Rapport du Vérificateur général du Québec à l’Assemblée nationale pour l’année 2018-2019, [En ligne], Le Vérificateur (novembre). [www.vgq.gouv.qc.ca/fr/fr_publications/fr_rapport-annuel/fr_2018-2019-novembre2018/fr_Rapport2018-2019-novembre2018.pdf].


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