Nouvelles responsabilités, avis partagés

Les responsables en services éducatifs en milieu familial et les CPE auront sous peu de nouvelles obligations : tenir un dossier de l’enfant et en discuter au moins deux fois par année avec les parents.

Sur le terrain, les avis divergent. D’une part, on salue toute initiative visant à améliorer la qualité des services pour le bien des tout-petits. D’autre part, on se demande si les budgets et le temps nécessaire seront au rendez-vous pour compenser ces tâches supplémentaires.

« On ne veut pas bâcler le travail! », s’exclame Jessica Lanouette1, éducatrice depuis presque dix ans. Dans le CPE2 où elle travaille, il existe déjà un agenda dans lequel sont consignées certaines observations sur l’enfant, par exemple son humeur ou son appétit. Cependant, les informations plus poussées en lien avec les différentes sphères du développement des tout-petits sont fournies seulement s’ils démontrent certains retards.

« Des enfants peuvent passer sous le radar, explique Jessica Lanouette. Avec la multiplication des petits à besoins particuliers dans nos milieux, la tenue d’un dossier permettra peut-être de mieux observer le développement de chacun. »

Jessica Lanouette

Changer les façons de faire 

Afin de se conformer au programme éducatif Accueillir la petite enfance, appliqué dans tous les services éducatifs publics au Québec, chaque RSE3 et chaque CPE développe son approche en utilisant différents outils pédagogiques. Bien qu’ils se ressemblent, Jessica Lanouette croit que le ministère gagnerait à uniformiser ces outils, et à offrir du temps et une formation adéquate à celles qui les utilisent.

« Il faudra assurément changer nos façons de faire, ajoute-t-elle. En l’espace de trois ans, nous avons testé plusieurs de ces outils à mon CPE. » Si chaque milieu utilise sa propre version de l’outil de travail, le tremplin entre la petite enfance et l’école peut être moins efficace. « Ce serait tellement plus simple pour la formation, autant en petite enfance qu’en milieu scolaire, si on utilisait tous le même document. Ainsi, les enseignants qui prendraient connaissance du dossier de l’enfant créé en milieu de garde auraient une lecture juste de nos observations, ce qui faciliterait le suivi de chacun des élèves », précise-t-elle.

Des parents plus compréhensifs? 

Jessica Lanouette croit que la tenue d’un dossier permettra aux parents de mieux accepter certaines observations faites au sujet de leur petit. « Puisque nous tenons présentement un dossier uniquement pour les tout-petits ayant divers retards de développement à notre CPE, certains parents acceptent difficilement de travailler avec une grille que les autres enfants n’ont pas. Puisque la procédure sera la même pour tout le monde, je pense qu’il sera plus facile de faire cheminer le parent pour qu’il nous appuie dans nos interventions. »


1 Jessica Lanouette est membre du Syndicat des intervenantes en petite enfance de Montréal (SIPEM-CSQ)
2 Centre de la petite enfance
3 Responsable en services éducatifs.


Vous aimerez aussi