Blogue de la présidente

Écrire sur le pot

Sonia Éthier, présidente de la CSQ

La légalisation du cannabis, aujourd’hui, soulève bien des questions pour la population et, particulièrement, pour les travailleuses et travailleurs du Québec. Il est difficile d’avoir l’heure juste tant les divers paliers de législation se mettent de la partie pour simplifier (ou complexifier!) les choses.

Cependant, il est clair que les inquiétudes que nous avions lorsque le gouvernement Trudeau a mis en branle la légalisation du cannabis demeurent entières et il est important de les rappeler.

Sensibilisation et éducation

La sensibilisation et l’éducation sont essentielles pour prendre une décision éclairée en matière de consommation – ou non – de cannabis, tant chez les jeunes que chez les adultes. C’est pourquoi il importe de bien s’assurer que les surplus du Fonds de prévention et de recherche en matière de cannabis servent à 100 % à la sensibilisation et à l’éducation en matière de consommation.

Il est également essentiel d’augmenter les ressources dans les établissements d’enseignement et dans les centres jeunesse pour accompagner les jeunes dans cette nouvelle réalité et pour épauler le personnel.

Les droits des travailleuses et travailleurs

La Loi sur la santé et la sécurité du travail prévoit que les employeurs doivent fournir un milieu de travail sain et exempt de danger à leurs employées et employés. Cela s’applique bien entendu aussi aux dangers liés à la consommation de cannabis sur le milieu de travail.

D’ailleurs, les employeurs peuvent, en vertu de leur droit de gérance, encadrer et même interdire l’usage du cannabis. Tout comme l’alcool, cette substance pose un danger évident dans les milieux de travail puisqu’elle altère les facultés d’une personne.

Dans ce contexte, bien que la Loi constituant la Société québécoise du cannabis, édictant la Loi encadrant le cannabis et modifiant diverses dispositions en matière de sécurité routière le prévoie, il faut rappeler qu’il est nécessaire de mettre en place des comités paritaires en santé et sécurité du travail, avec des représentantes et représentants choisis par les travailleuses et travailleurs. Il est aussi indispensable de mettre en place des programmes de prévention et de santé applicables à tous les établissements de plus de 20 personnes.

Le 17 octobre, ce n’est que le jour 1

L’usage du cannabis à grande échelle est encore peu documenté et les risques sont bien réels. Qu’ils s’agissent de risques pour la santé publique, la sécurité routière ou la santé et sécurité au travail, il faudra documenter, éduquer et prévenir les problèmes.

Attention ici, il ne faut pas non plus sombrer dans l’alarmisme. L’objectif de la Loi s’inscrit dans une politique de réduction des méfaits qui peut être très bénéfique, à moyen et à long terme, pour la santé publique et même, paradoxalement, pour réduire la consommation en mettant fin à la stigmatisation des personnes ayant des problèmes de dépendance. Mais pour atteindre cet objectif, on doit réaliser que le 17 octobre n’est pas l’aboutissement de la légalisation du cannabis, mais bien le jour 1 d’une nouvelle approche législative qu’il faudra suivre de près.

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Voici le tout premier billet de ce blogue que je tiendrai comme présidente de la Centrale des syndicats du Québec…