Blogue de la présidente

Maternelle 4 ans : un problème mathématique

Sonia Ethier présidente de la CSQ

Lors de la campagne électorale, le gouvernement Legault s’est engagé à ouvrir des classes de maternelle 4 ans à la grandeur du Québec d’ici 2023. Le premier ministre et son ministre de l’Éducation ont décidé qu’il en serait ainsi, peu importe les objections que nous pourrions soulever sur le bien-fondé de la mesure et peu importe la grande qualité de notre réseau éducatif à la petite enfance.

Entendons-nous, la maternelle 4 ans est une mesure hyper pertinente pour les enfants issus de milieux défavorisés ne fréquentant pas un service éducatif. D’ailleurs, dans ce contexte, la maternelle 4 ans a fait ses preuves et il faudrait poursuivre son déploiement en milieu défavorisé! C’est le déploiement mur à mur d’une telle mesure qui est inutile compte tenu de l’existence de notre réseau de services éducatifs à la petite enfance, que ce soit en centre de la petite enfance (CPE) ou en milieu familial.

L’équation qui ne balance pas

François Legault nous l’a dit : « je serai obstiné là-dessus ». Or, l’obstination en politique est l’ennemie du compromis et mène rarement à de bons résultats, surtout dans le cas qui nous préoccupe. On apprenait cette semaine que le projet nécessiterait l’embauche de 3 000 à 5 000 enseignantes ou enseignants spécialisés en éducation préscolaire et primaire.

Sauf qu’il y a déjà une pénurie de personnel enseignant. Les commissions scolaires peinent à trouver des remplaçantes et remplaçants pour les congés de maladie. Dans certains cas, des classes sont demeurées sans titulaire quelques semaines après la rentrée.

Quand nous regardons les chiffres de l’effectif enseignant, nous voyons qu’il se maintient tout juste d’année en année. Par ailleurs, en 2014 (dernier portait statistique disponible), 8 162 enseignantes et enseignants en éducation préscolaire et primaire avaient plus de 50 ans. Malheureusement, il est impossible d’obtenir le nombre de départs à la retraite pour 2018, mais on peut s’attendre à ce que ceux-ci soient près de la retraite en 2023.

Or, pour combler ces départs à la retraite, il n’y a environ que 3 500 nouvelles et nouveaux diplômés en éducation qui sortent de nos universités (selon les données du ministère de l’Éducation et de l’Enseignement supérieur). Et ces derniers ne seront pas tous embauchés pour enseigner au préscolaire, bien au contraire!

Plus de 100 000 nouveaux élèves s’ajouteront au réseau d’écoles publiques dans les 11 prochaines années et cela va accroître la pression. Surtout qu’un membre du personnel enseignant sur quatre quitte la profession moins de cinq ans après le début de sa carrière.

Les lunettes roses du ministre

J’aimerais avoir les mêmes lunettes roses que le ministre de l’Éducation qui affirme qu’il fera des publicités pour inciter les enseignantes et enseignants ayant quitté la profession à réintégrer le réseau, mais ça n’arrivera pas. On va se le dire franchement : le réseau de l’éducation a été tellement malmené par les compressions des dernières années qu’il a perdu sa capacité d’attirer et de retenir son personnel.

Ce n’est pas pour rien d’ailleurs que le nombre de futurs enseignants et enseignantes est à son plus bas depuis cinq ans. Ce dont nos écoles ont besoin, c’est de beaucoup d’amour, de beaucoup d’argent, de services professionnels et de soutien suffisants pour les élèves, de classes mieux équilibrées et d’une meilleure reconnaissance du travail du personnel de l’éducation.

Après avoir fait tout ça, le ministre pourra faire une campagne de publicité dans laquelle il dira aux anciens et futurs enseignants et enseignantes ainsi qu’au personnel professionnel et au personnel de soutien : « nous avons remis l’école publique sur les rails, nous vous avons entendu, revenez vivre votre passion pour l’éducation ».

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