Temps supplémentaire obligatoire : une prise d’otage qui doit cesser

Le recours systématique au temps supplémentaire obligatoire (TSO) dans le réseau de la santé est une pratique de gestion inhumaine et abusive. Il met en péril la santé du personnel et la qualité des soins.

« Plusieurs personnes fuient les milieux de travail les plus problématiques, tombent malades ou quittent tout simplement la profession. Ainsi, le TSO crée du TSO. Nous sommes piégés dans un cercle vicieux organisationnel qui doit cesser! », prévient la présidente de la FSQ-CSQ, Claire Montour1.

La lutte contre le temps supplémentaire obligatoire est d’ailleurs au cœur des demandes déposées par la Fédération dans le cadre des présentes négociations du secteur de la santé et des services sociaux. « Nous voulons redonner des conditions de travail décentes à nos membres, qui ont toujours à cœur d’offrir des services de qualité, malheureusement trop souvent au détriment de leur vie personnelle et de leur santé », ajoute Claire Montour.

Décentraliser au plus vite!

Les causes du TSO sont pourtant connues : mauvaise planification des horaires, multiplication des postes à temps partiel, manque d’effectifs, surcharge de travail et épuisement généralisé. « Les problèmes se sont amplifiés depuis l’imposition des méga-établissements. Les gestionnaires ont tout simplement perdu de vue la réalité du terrain et doivent composer avec des contraintes budgétaires et des mesures de contrôle rigides imposées par le gouvernement », explique la présidente.

La solution est simple : plutôt que de vouloir tout standardiser, il faut, au plus vite, décentraliser la gestion des ressources humaines et redonner aux différents milieux de travail la capacité de gérer les équipes et les horaires de travail en fonction des besoins spécifiques et de la réalité de chaque milieu.

Des solutions sensées

« Le système de santé est un milieu complexe qui évolue constamment. Le retour à des mécanismes décisionnels de proximité est essentiel, croit Claire Montour. Il faut, notamment, améliorer la planification des horaires, simplifier les canaux de communication et mettre en place une approche préventive organisationnelle paritaire par laquelle le personnel pourrait rapidement soumettre aux responsables les difficultés rencontrées et proposer des pistes de solutions. »

« Les solutions sont connues, il ne manque que la volonté politique. Cette prise d’otage a assez duré! », affirme la présidente.


1 Fédération de la Santé du Québec (CSQ).


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