Examen de math des élèves de 6e année : des changements enfin!

Depuis plus d’une décennie, les plaintes entourant l’épreuve ministérielle de math des élèves de 6e année émergent de toute part. Après des années d’attente, les premières modifications sont enfin apportées.

En juin 2019, les élèves de 6e année ont dû passer à travers huit sections durant un processus échelonné sur cinq jours et une dizaine d’heures, pour passer leur examen de math du ministère. L’épreuve a occasionné énormément d’anxiété chez les élèves, et a nécessité des dizaines d’heures de préparation et de correction aux enseignantes et enseignants.

Ce n’est pas d’hier que la FSE-CSQ1 dénonce la durée, la complexité et le manque de clarté de cet examen ministériel, et demande les correctifs nécessaires. Chaque année, des enseignantes et enseignants de 6e année demandent aussi sa révision, sans succès… jusqu’à maintenant.

Ça suffit!

La FSE-CSQ, l’APL-CSQ2 et le personnel enseignant ont jumelé leurs efforts afin de dénoncer la situation. Dans une vidéo diffusée sur les réseaux sociaux, notamment par la FSE-CSQ, deux enseignantes membres de l’APL-CSQ ont invité leurs collègues à demander, eux aussi, des changements à l’examen de math.

La FSE-CSQ a récolté des centaines de commentaires d’enseignantes et d’enseignants sur lesquels elle s’est appuyée lors de ses représentations auprès du ministère. Cette stratégie a permis d’augmenter la pression sur le MEES3 pour que soit revue l’épreuve de 6e année.

Des changements, enfin!

La FSE-CSQ est intervenue à plusieurs reprises auprès du ministre Jean-François Roberge. En novembre 2019, de premières modifications sont apportées à l’épreuve de mathématique :

  • Le nombre de situations d’application passe de six à quatre.
  • L’horaire de la session d’examen se déroule sur quatre jours plutôt que cinq.
  • Les élèves bénéficient de plus de temps pour la réalisation de chacune des tâches.
  • Des précisions sont apportées aux outils de correction.

Un travail qui doit se poursuivre

Ces modifications entreront en vigueur dès 2020, mais le MEES compte poursuivre ses travaux afin d’apporter d’autres modifications pour l’année scolaire 2020-2021.

« Ce premier pas amoindrit les irritants pour cette année, mais le travail doit se poursuivre pour améliorer significativement les conditions dans lesquelles les élèves et le personnel enseignant vivent l’examen de mathématique de 6année », affirme Josée Scalabrini4.

En cohérence avec les demandes du personnel enseignant, la FSE-CSQ continue de revendiquer la révision :

  • du contenu de l’épreuve ministérielle afin d’en diminuer la complexité (nombre d’étapes à franchir, concepts ou processus à mobiliser, etc.);
  • de l’horaire des examens afin qu’ils soient administrés plus tôt dans l’année;
  • des outils de correction afin de les simplifier et de les clarifier;
  • de l’espace dans les cahiers de réponses pour les traces et les calculs des élèves;
  • du financement pour obtenir 2 journées de suppléance pour la correction des épreuves de 6eannée. 

Une évaluation en mal de sens

Josée Scalabrini

Au-delà de l’épreuve ministérielle de mathématique de 6e année, l’évaluation des élèves dans son ensemble soulève plusieurs problèmes.

La consultation de la FSE-CSQ, menée auprès des profs en 2018-2019, indique que 83 % des enseignantes et des enseignants du primaire déplorent le nombre d’examens imposés par le ministère. Ils soulignent notamment que :

  • La complexité des examens doit être revue, car elle dépasse les compétences attendues des élèves.
  • La durée des épreuves et la lourdeur de la préparation, de la réalisation et de la correction sont problématiques.

Parmi les profs sondés, 72 % souhaitent aussi la diminution du nombre d’examen des commissions scolaires.

D’autres enjeux suscitent de l’inquiétude : le rapprochement entre l’évaluation et la gestion axée sur les résultats, la course aux statistiques, le non-respect du jugement professionnel, le bulletin unique inadéquat dans les contextes de classes d’adaptation ou d’éducation préscolaires.

« Il est plus que temps de revoir l’évaluation pour la ramener au service des apprentissages des élèves, et les enseignantes et enseignants doivent être étroitement associés à cette révision », conclut Josée Scalabrini.


1 Fédération des syndicats de l’enseignement.
2 Association des professeurs de Lignery (CSQ).
3 Ministère de l’Éducation et de l’Enseignement supérieur.
4 Josée Scalabrini est présidente de la FSE-CSQ.


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