Reste-t-il un ministre à l’Éducation?

La rentrée scolaire approche à grands pas! Dans moins de 30 jours, c’est plus d’un million d’élèves jeunes et adultes qui prendront le chemin des classes du Québec pour une rentrée hors de l’ordinaire. «En ces temps incertains» me semble une expression surfaite, mais le contexte ne me donne pas trop le choix : en ces temps incertains, sommes-nous prêts pour la rentrée scolaire 2020-2021?

Des journalistes ont bien tenté de poser la question au ministre de l’Éducation, Jean-François Roberge. Malheureusement, M. Roberge s’est défilé, laissant le soin à sa conseillère politique de rappeler le plan déjà désuet que le ministère a placé sur son site web au mois de juin. Depuis, dire que les choses ont évolué serait un euphémisme de haut niveau!

  1. La situation dans les camps de jour a remis en question l’idée selon laquelle les enfants étaient de faibles vecteurs de transmission du virus.
  2. Le port du masque obligatoire dans les écoles semble de plus en plus inévitable.
  3. L’inquiétude et l’anxiété sont à leur comble chez les parents et le personnel de l’Éducation.

Crise de leadership

En temps de crise, un leader responsable fera tout en son possible pour rassurer les gens, en écoutant leurs inquiétudes et en y répondant de façon claire et transparente. Or, c’est tout le contraire que nous offre Jean-François Roberge. Pendant que ses anciens collègues du réseau scolaire passent leurs vacances à préparer un retour en classe (en présence physique, en télé-enseignement, ou en formule hybride), le ministre est aux abonnés absents.

Juste pour que ce soit très clair : en temps de crise, un leader responsable se rend disponible. Surtout lorsqu’il vient tout juste de réorganiser le réseau de l’Éducation pour centraliser la prise de décision à son ministère!

Sommes-nous prêts

Le personnel de l’Éducation est très inquiet, tout comme les parents d’ailleurs! Nous n’en sommes pas à notre première rentrée. Nous saurons nous adapter. Mais nous n’avons aucunement l’intention de mettre de côté la santé et la sécurité de nos élèves ou de nos collègues en raison d’un manque de préparation du ministère.

Le ministre de la Santé et des Services sociaux, Christian Dubé, a annoncé lundi qu’un nouveau plan serait présenté la semaine prochaine en ce qui concerne la rentrée scolaire. Soyons honnêtes, ce plan arrive très tard dans le processus. Le monde de l’Éducation est habitué de se « revirer sur un dix cennes », nous en avons fait la preuve au cours de ce printemps où les virages à 180 degrés furent très nombreux.

Des solutions, nous en avons des tonnes. La Santé publique, tout comme le ministère de l’Éducation aurait avantage à nous consulter. Lors d’une crise, la transparence et l’écoute sont de mise. Il n’est pas trop tard pour corriger le tir. Disons qu’il est minuit moins quart pour votre crédibilité en tant que gouvernement qui affirme placer l’éducation au sommet de ses priorités.


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