PAES : Pour une meilleure participation des femmes

Ce n’est pas d’hier que la participation des femmes à la vie associative de la CSQ est un enjeu. Aujourd’hui, quelle place occupent-elles au sein des instances de la Centrale?

Dès la mise sur pied du comité de la condition des femmes, autrefois appelé le comité Laure Gaudreault, les femmes faisaient état de leur préoccupation face à la faible implication de la gent féminine dans les comités et conseils de la CSQ.

De cette inquiétude est né le Programme d’accès à l’égalité syndicale (PAES), adopté au Congrès de la CSQ de 1994, après plusieurs enquêtes et échanges sur le sujet.

Une évolution dans la participation 

Fort de ses 52 mesures, le PAES a soutenu et facilité l’implication de nombreuses femmes au fil des années, permettant ainsi une amélioration de la représentation de ces dernières dans les instances de la Centrale.

Au Congrès de 1994, la délégation officielle était composée à 48 % de femmes. Près de 25 ans plus tard, soit au Congrès de 2018, leur participation avait atteint 60 %.

Malgré cette avancée, l’objectif d’atteindre 75 % de femmes, soit un pourcentage proportionnel aux membres que la CSQ représente, n’est toujours pas atteint. Des efforts doivent encore être déployés pour réduire l’écart important qui l’en sépare.

Pourquoi un tel écart?

Les inégalités toujours présentes dans la société entre les femmes et les hommes sont un frein à une plus grande participation de celles-ci. Encore aujourd’hui, la conciliation famille-travail repose de manière plus importante sur les épaules des femmes que sur celles des hommes.Ces dernières consacrent d’ailleurs en moyenne une heure de plus par jour que les hommes aux activités domestiques. Cet écart grimpe à un peu plus de 1 heure 20 minutes lorsqu’elles ont des enfants de 4 ans ou moins. Si l’on ajoute à cette conciliation déjà difficile l’enjeu du militantisme, c’est parfois suffisant pour rebuter certaines femmes à s’impliquer syndicalement.

Pour de nombreux Québécois, l’égalité entre les femmes et les hommes est atteinte. Malheureusement, ce discours nuit aux avancées des femmes en matière d’égalité.

Une question d’éducation

La socialisation différenciée des femmes et des hommes explique aussi la plus faible présence de celles-ci en politique. Culturellement, on inculque aux jeunes filles qu’elles doivent être belles, gentilles et douces. Aux garçons, on leur apprend plutôt à développer leurs aptitudes qui faciliteront la prise de parole.

Cette socialisation différenciée amène les femmes à se sentir moins habiles pour parler en public afin de défendre leur point de vue. De plus, elles sous-estiment souvent leurs qualités et leurs compétences pour accomplir certaines tâches, alors qu’elles n’ont aucune raison de le faire, au contraire.

Ce syndrome de l’imposteur peut mener plusieurs d’entre elles à décliner un entretien d’embauche ou une entrevue avec des journalistes et probablement à refuser de poser leur candidature pour un poste de déléguée ou au sein de l’exécutif de leur syndicat ou de leur fédération.

Ici et ailleurs

Ces enjeux sont à la base de la sous-représentation des femmes dans le milieu syndical, mais aussi ailleurs dans différentes sphères de la société. En 2017, elles étaient absentes de 61,2 % des conseils d’administration canadiens. En politique municipale, elles représentaient 32,3 % des élues et occupaient seulement 19 % des postes à la mairie.

À l’élection fédérale de 2019, 29 % des sièges à la Chambre des communes ont été remportés par des femmes, alors qu’aux élections provinciales de 2018, la zone paritaire (entre 40 % et 60 %) était atteinte pour la première fois avec une représentation de 42,4 % de femmes.

Des stéréotypes qui s’imposent

Bien que ces données démontrent la persistance du plafond de verre pour les femmes, les données d’un récent sondage du Secrétariat à la condition féminine indiquent que, pour de nombreux Québécois, l’égalité entre les femmes et les hommes est atteinte. Malheureusement, ce discours nuit aux avancées des femmes en matière d’égalité.

Au-delà des stéréotypes visibles, il y a ceux qui demeurent inconsciemment. Ce sont ceux-là qui entrent en jeu lorsque, dans l’espace public, une femme se fait juger sur son apparence physique et sur les vêtements qu’elle porte, faisant passer son discours et ses idées au deuxième plan.

La tolérance envers les femmes et les hommes, lorsqu’ils font face à des critiques, semble également défavorable à la gent féminine. Il n’y a qu’à regarder le sort réservé aux femmes au cabinet ministériel du gouvernement actuel pour constater à quel point c’est deux poids deux mesures.

Que ce soit de façon consciente ou non, les stéréotypes liés à l’apparence des femmes et à leurs compétences exercent une influence sur la perception des gens.

Que ce soit de façon consciente ou non, les stéréotypes liés à l’apparence des femmes et à leurs compétences exercent une influence sur la perception des gens. Pour détruire ce plafond de verre et soutenir leur participation dans les instances politiques, notamment celles de la CSQ, il importe que toutes et tous prennent conscience de leurs préjugés sexistes et des freins à l’implication des femmes dans les organisations afin de pouvoir mettre en place des mesures qui permettent et facilitent leur implication.

La CSQ peut se féliciter du chemin parcouru. Cependant, même après plus de 25 ans d’existence, le PAES demeure un outil nécessaire afin d’atteindre l’objectif d’une représentation proportionnelle des femmes à la Centrale et de faire en sorte que leur voix soit entendue au sein de l’organisation.


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